Certaines clauses des contrats commerciaux sont considérées comme nulles par la loi ; quelles sont-elles ?
Dans le cadre de la réforme du droit des relations commerciales, la loi de modernisation de l’économie (1) a défini des types de clauses qui, si elles sont insérées dans un contrat commercial, seront considérées comme nulles. Les clauses nulles sont celles qui ont pour objet (2) :
- De permettre à une entreprise de bénéficier rétroactivement de remises, de ristournes ou d'accords de coopération commerciale ;
- D’obtenir le paiement d'un droit d'accès au référencement préalablement à la passation de toute commande ;
- D’interdire au cocontractant la cession à des tiers des créances qu'il détient sur lui ;
- De bénéficier automatiquement des conditions plus favorables consenties aux entreprises concurrentes par le cocontractant ;
- D'obtenir d'un revendeur exploitant une surface de vente au détail inférieure à 300 mètres carrés qu'il approvisionne mais qui n'est pas lié à lui, directement ou indirectement, par un contrat de licence de marque ou de savoir-faire, un droit de préférence sur la cession ou le transfert de son activité ou une obligation de non-concurrence post contractuelle, ou de subordonner l'approvisionnement de ce revendeur à une clause d'exclusivité ou de quasi-exclusivité d'achat de ses produits ou services d'une durée supérieure à deux ans. Cette clause, désormais interdite, permettait à une centrale d’achat ou un grossiste, d’obtenir du client un droit de préférence en cas de vente de son activité, sans contrepartie. Cela permettait le gel du point de vente et empêchait le client de partir à la concurrence.
Questions/réponses complémentaires
- La loi permet-elle un recours si un partenaire cherche à m’imposer un contrat manifestement déséquilibré ou abusif ?
- J'ai reçu l'arrêté trimestriel de mon compte professionnel, la banque me compte des intérêts débiteurs alors que j'ai toujours été créditeur... Que dois-je faire ?
- Un fournisseur ne veut pas m’accorder la remise qu’il accorde à un de mes concurrents. En a-t-il le droit ?
- Je suis artisan ou commerçant. Un client peut-il réduire d’office la facture qu’il me doit en prétextant un retard de livraison ou de réalisation non établi ?
- Une centrale d’achat peut-elle me demander de lui verser une somme d’argent en contrepartie de mon référencement, sans s’engager sur un volume d’achat ?
- Une centrale d’achat veut me facturer un montant important pour un service dont la valeur ne semble pas correspondre au prix demandé. Ai-je un recours ?
- Si je prouve qu’un partenaire a mis en œuvre des pratiques commerciales abusives, quelle démarche puis-je engager pour obtenir réparation ?
(1) loi n° 2008-776 du 4 août 2008, JO du 05/08/09
(2) article L 442-6 II d du Code de commerce

